vendredi 30 mars 2012

La vengeance de Rachid (6ème partie)

La journée fut difficile pour Rachid. Les travaux sur le chantier l'épuisèrent. Quand il rentra à la maison, il appela sa mère en France.
- Bonjour mon fils, comment vas tu? lui demanda sa mère.
- Je ne crois pas pouvoir vivre ici maman, c'est très dur. J'ai envie de retourner en France.
Sa mère se mit à pleurer. Puis au milieu des sanglots elle répondit:
- Du courage mon fils, je ne peux pas aller contre la volonté de ton père.
- Je peux parler à papa, s'il te plait?
- Il n'est pas encore rentré. Et ton oncle, est il gentil?
- Il est très rigoureux maman. Figure toi que je n'ai même pas pris le petit déjeuner ce matin. Je ne veux pas vivre ici maman.
- Rachid, sois fort. Je ferai un effort pour t'envoyer un peu d'argent. Du courage.
Quand il raccrocha le téléphone, Rachid sortit de la maison. Il marchait sans but précis dans un quartier ravagé par la misère. Au coin d'une rue, un vieux assis sur un banc l'interpella:
- Mon petit, dis moi es tu le neveu d'Abdallah? lui demanda le vieil homme.
Rachid s'approcha et répondit:
- Oui, je viens de la France.
- Je sais, ton oncle me l'a dit.L'Algérie c'est différent, n'est ce pas?
A suivre

jeudi 29 mars 2012

La vengeance de Rachid (5ème partie)

Rachid dormit dans la chambre de Kamal, le fils de son oncle Abdallah. Très tôt le matin, on le réveilla pour se rendre sur le chantier d'un immeuble en construction. Quand Rachid demanda à Kamal s'il avait droit a prendre le petit déjeuner, il reçut une réponse totalement inespérée.
- Ici, on ne connait pas le petit déjeuner. On prendra le premier repas de la journée à 13h sur le chantier.
- J'ai l'habitude de prendre des céréales tous les matins. En France, le petit déjeuner est comme une coutume.
- Je te rappelle que tu es maintenant en Algérie, et puis mon père n'a pas les moyens de nous offrir ça tous les matins. Tiens habille toi.
Il lui balança une vielle tenue puis des bottes et ajouta:
- J'ai appris que tu apprenais la maçonnerie en France.
- Oui, j'étais dans un lycée professionnel. Mais je t'avoue que je n'ai jamais aimé ce métier.
- Qu'est ce que tu aimes alors? demanda Kamal avec un brin d'ironie.
- Je rêve d'être acteur de cinéma répondit Rachid.
- ah ah ah!!! se mit à rigoler Kamal. Je crois que tu es vraiment dans les nuages, ah ah ah!!!
- Qu'est ce qui a de drôle à cela répliqua Rachid déçu de l'attitude du fils de son oncle.
- Si tu n'a pas pu réaliser ton rêve en France, ne crois pas que tu le feras dans cette galère algérienne. Tu as raté ta chance Rachid.
- Tu penses? fit Rachid en le fixant dans les yeux.
- Écoute, pour l'heure, la réalité c'est le chantier.On y va, le camion nous attend...
A suivre

mardi 27 mars 2012

La vengeance de Rachid (4ème partie)

Malgré les supplications incessantes de sa femme, Faouzi resta de marbre. Deux semaines après son exclusion du lycée professionnel Nicolas Ledoux de Pavillon sous bois, Rachid se retrouva à Alger pour une nouvelle vie. Rachid n'avait jamais mis les pays dans le pays de ses parents. Mais il savait à travers les commentaires de sa famille et par les médias que la vie n'était pas facile en Afrique. Son oncle Addallah habite le quartier de Diars el Afia dans la commune de Kouba dans la capitale algérienne. La maison de son oncle avait trois chambres: une chambre occupée par les parents, une autre par ses deux filles, et la dernière par Kamal le fils de son oncle âgé de 18 ans soit deux ans de plus que lui. Après les formules d'usage d'accueil, Faouzi dit à son petit frère:
- Abdallah, voici ton neveu Rachid. Comme tu le sais, il a été exclu de l'école. Je sais que s'il reste en France, il va plonger dans la délinquance. Je te le confie afin qu'il apprenne la maçonnerie à tes côtés pour s'assurer un avenir. Rachid est ton fils, n'hésite pas à le traiter comme tu veux. En cas de soucis, appelle moi.
- Tu n'a rien à craindre grand frère. Tu peux compter sur moi, répondit fièrement Abdallah.
Le père de Rachid confisqua son passeport et retourna en France le lendemain.
A suivre

lundi 26 mars 2012

La vengeance de Rachid (3ème partie)

- Faouzi, s'il te plait, prends le temps de réfléchir pour prendre une bonne décision à propos de notre fils Rachid. Faire partir l'enfant en Algérie n'est pas une bonne idée, lui dit sa femme.
Assis sur le lit dans la chambre conjugale, le père de Rachid répondit:
- Je ne comprends pas tes inquiétudes. L'enfant vient d'être exclu du lycée pour indiscipline. Il nous appartient de faire quelque chose afin qu'il ne bascule pas dans la délinquance. Et puis, toi et moi nous sommes nés en Algérie. Alors, ce n'est pas l'enfer. Je veux juste qu'il réalise la chance qu'il a de vivre dans un pays comme la France afin qu'il devienne plus conscient. De toute façon Rachid a la nationalité française, si les choses tournent mal au pays, je peux toujours le faire revenir. Arrête donc de t'inquiéter.
- Si c'est pour que Rachid prenne conscience, pourquoi ne pas l'emmener à Marseille chez ma petite sœur. Là bas il sera loin de sa bande de copains et de toute l'ambiance de la banlieue parisienne, proposa la mère.
- Laïla, il n'est pas question que ta famille se mêle de nos affaires. Rachid ira chez mon petit frère Abdallah. Avec lui il pourra continuer d'apprendre la maçonnerie. J'ai confiance en lui. Je l'ai appelé pour l'informer. Il est d'accord pour recevoir son neveu. Il n'y a donc pas de problème à ce niveau.
- Quand est ce que tu comptes le faire partir? demanda la mère déçue de l'intransigeance de son mari.
- A la fin du mois, c'est à dire dans deux semaines...
A suivre

dimanche 25 mars 2012

La vengeance de Rachid (2ème partie)


Dès que la famille arriva à la maison,Faouzi le père de Rachid annonça:
- Puisque tu ne veux plus aller à l'école, je vais te ramener en Algérie, là bas tu pourras apprendre la maçonnerie avec mon petit frère Abdallah.
Étonnée par cette décision, la mère de Rachid fut la première à réagir:
- Tu ne vas pas faire cela Faouzi. Tu sais très bien que c'est la galère au pays. Je refuse que tu mon fils y aille. Tous nos enfants sont nés ici en France, ils ne connaissent rien des réalités du bled.
La réaction de sa femme l'irrita. Avec colère le père répondit:
- C'est donc toi qui encourage Rachid à avoir un tel comportement! Il vient de se faire renvoyer du lycée et toi tu le défends ? D'ailleurs, je n'ai pas besoin de ton avis pour décider de ce que je dois faire. J'accompagnerai Rachid moi même en Algérie.
- Mais papa, je veux rester ici en France. Je pourrai apprendre la maçonnerie ici. Je connais des entreprises qui peuvent m'aider.
- ça suffit! martela d'une voix forte son père. A la fin du mois, on ira ensemble au pays. Là bas, tu apprendras ce qu'est la vraie vie et tu deviendras plus intelligent.
Il se leva pour aller dans la chambre. Rachid demanda à sa mère d'essayer de convaincre son père afin qu'il revienne sur sa décision.

jeudi 22 mars 2012

La vengeance de Rachid

Lycée Nicolas Ledoux, situé à Pavillon sous bois, en banlieue parisienne. Il est 19h30, le conseil de discipline vient de se terminer. Verdict: Rachid Youssef, élève inscrit en CAP de maçonnerie est définitivement exclu de l'établissement pour agression d'un professeur. Malgré les supplications de sa mère et les plaidoiries de son père, les membres du conseil de discipline ont pris la sanction suprême à l'égard de leur fils. La famille sortit du bureau du proviseur très déçue.
- Voici les conséquences de ton indiscipline, lui dit son père pendant qu'ils attendaient le bus pour se rendre à Bondy.
- Le prof a menti, je ne l'ai pas agressé se défendit Rachid.
- Tu la fermes, riposta son père, très en colère.
- Les gens nous regardent, ce n'est pas sur la route que tu vas le raisonner, essaya de tempérer la mère.
- De toutes les façons, puisque tu ne veux pas aller à l'école, tu vas devoir apprendre à te supporter reprit le père.
Le bus venait de stationner à l'arrêt. La famille monta. Rachid s'assit dans le fond pour éviter les remontrances de papa.
A suivre

mercredi 21 mars 2012

De la prison à la gloire

Le procès des prévenus se déroula en octobre, trois mois après les faits. La salle d'audience était bondée. Il y avait les parents des accusés mais également de nombreux curieux venus voir le visage de celui qu'on surnommait désormais l'étudiant braqueur. L'image la plus insoutenable fut celle de la mère de Kevin. Les larmes et et le chagrin avaient rougi et tuméfié son visage. Le fils en qui elle avait placé tant d'espoir, était assis là, devant elle dans le box des accusés menottes aux poignées. C'était douloureux. Le jour du verdict, le suspens était à son comble. Par mesure de sécurité, les autorités renforcèrent le dispositif des forces de l'ordre aux alentours du palais de justice. Lorsque le juge annonça la sentence, des cris fusèrent dans la salle. La mère de Kevin éclata en sanglots avant de s'effondrer sur le plancher...

Ceci est un extrait de mon livre ' De la prison à la gloire' disponible sur
- Amaron.fr
- Priceministère.com
-societedesecrivains.com
et sur d'autres sites

mardi 20 mars 2012

Le père ivrogne ( suite et fin)

Patrick fut condamné à vingt ans de prison pour trafic de drogue. Des années plus tard, un sociologue fit des recherches afin de comprendre l’effet des circonstances sur la vie d’un individu. Dans ses enquètes, il s’interessa au cas des enfants du père ivrogne. En effet Roger avait fini ses études pour devinir magistrat dans son pays le Gabon. Son grand frère Patrick purgeait sa quinzième année de prison. Le sociologue posa la question suivante aux deux frères: qu’est ce qui a influencé votre vie et qui a eut de l’impact sur votre avenir? Voici les reponses que le sociologue a recueillies . Roger lui repondit: j’ai été motivé par une envie farouche de ne pas finir comme mon père. Chaque fois que je le regardais se vautrer dans la boisson, immediatement, je me mettais à bosser dur. Je crois qu’aujourd’hui cela à été payant. Je mène une vie épanouie. Quant à Patrick, voici la reponse qu’il donna: je me retrouve en prison par la faute de mon père. Je me suis tourné vers la drogue car j’avais besoin d’argent pour survivre. Si mon père n’avait pas été un alcoolique, je ne serais pas aujourd’hui dans cette situation.
Deux enfants élévés dans des mêmes conditions obtiennent des résultats différents. La leçon à retenir des exemples des deux frères Patrick et Roger est la suivante: la vie d’un homme n’est pas determinée par les circonstances extérieures mais plutôt par les choix qu’il fait.
Fin

Le père ivrogne (6ème partie)

Quand Roger constata que son grand frère n'était pas rentré, il réalisa aussitôt que quelque chose était arrivé à son aîné. D'ailleurs,alors qu'il s’apprêtait à se rendre à l'école, l'un des fils du voisin vint annoncé la nouvelle à son père.
- Monsieur, votre fils a été arrêté par la police hier nuit, lâcha t-il tout de go.
- Lequel de mes fils? demanda Édouard lucide à cette heure de la journée.
- Patrick, l'aîné confirma le messager.
Édouard appela immédiatement Roger sur un ton de colère. L'adolescent se précipita vers son père.
- Oui papa dit il le cœur serré.
- Je viens d'apprendre que ton grand frère a été arrêté par la police. Tu en sais quelque chose?
- Pas du tout, tu viens de me l'apprendre.
- Va à l'école. Je vais fais un tour au commissariat pour en savoir un peu plus. Je vous ai toujours interdit de traîner avec les voyous du quartier. Tu vois, c'est ce qui arrive quand on écoute pas les conseils de son père.
Roger écouta sans répliquer. Si Patrick avait dévié c'est parce que le père ne s'est jamais occupé de ses enfants. Quelle leçon voulait -il leur donner, lui qui n'est jamais à la maison et dont la seule activité est de lever le coude? Un père indigne dont le comportement était très loin d'être un exemple. Au commissariat il apprit que son fils était un grand dealer de drogue...
A suivre

dimanche 18 mars 2012

Le père ivrogne (5ème partie)

- Ne ferme pas la fenêtre, je reviens, dit Patrick à son petit frère.
- Il est presque minuit, où est ce que tu vas encore? questionna Roger inquiet.
- J'ai une livraison qui arrive à une heure du matin. Ne crains rien, je serai de retour avant 6h.
Patrick sortit par la fenêtre et s'évanouit dans les ténèbres de la nuit. Roger était très préoccupé par les mauvais choix de son grand frère. Il était en effet très courant de voir dans les bidonvilles de Libreville où ils habitaient, les dealers assassinés dans des règlements de compte affreux. Roger éteignit la lumière de sa chambre et se coucha dans son lit. ' Je ne veux pas finir ma vie comme papa' pensa t-il pendant que les ronflements de son géniteur avaient envahi toute la maison. Il tournait dans le lit sans parvenir à s'en dormir. Il était très inquiet pour son grand frère. Il se rappela des propos de l'un de ses professeurs:" Tôt ou tard, on finit toujours par payer le prix de nos actions car on récolte ce qu'on sème". Malgré les difficultés familiales, Roger était un très bon élève. Ses résultats scolaires étaient très honorables. Sa motivation? Ne pas finir pauvre, misérable et alcoolique comme son père. " Je dois réussir pour sauver l'image de ma famille" se répétait-il pour s'encourager. Après des heures d'insomnie, il parvint finalement à s'en dormir. A son réveil il constata que son grand frère n'était toujours pas rentré...
A suivre

vendredi 16 mars 2012

Le père ivrogne (4ème partie)

La question de Roger irrita son grand frère qui répliqua avec véhémence.
- Ne prononce plus jamais le mot drogue, tu as compris? Nous avons un père qui a fui ses responsabilités et une mère qui a préféré nous abandonner. J'essaie tant bien que mal de grouiller afin qu'on ne meurt pas de faim. Maintenant si l'origine de l'argent te pose un problème, je peux te laisser crever. Moi j'ai décidé de prendre ma vie en main.
- C'est dangereux Patrick. Les dealers de drogue finissent toujours en prison ou dans la tombe. Tu n'es pas obligé de faire ça.
La discussion devenait houleuse entre les deux frères. L'aîné avait du mal a accepté les propos de son petit frère. Il rangea les liasses de billets dans son sac puis dit:
- Écoute Roger, en ma qualité de grand frère, il est de mon devoir de t'aider. Voici un billet de 10000 francs que je laisse sur la table. Il est à toi. Si tu ne veux pas t'en servir, tant pis. En revanche je t'interdis d'en parler à quiconque. Jamais papa ne dois savoir ce que je fais. J'espère avoir été très clair.
- Je ne dirai rien à personne, répliqua Roger d'une voix timide. Puis fixant son grand frère droit dans les yeux, il ajouta: je crois qu'on peut s'en sortir par la voie de l'école. C'est certes dur en ce moment mais on peut y arriver.
- Ah ah ah!!!! se mit à rigoler Patrick. Il s'assit à côté de son petit frère sur le lit et dit: Regarde, en deux jours, j'ai obtenu plus de 200000F CFA, l'équivalent d'un mois de salaire d'un cadre de la fonction publique. Seulement en deux jours...
A suivre

jeudi 15 mars 2012

Le père ivrogne (3ème partie)

Quand ils arrivèrent à la maison cette nuit là, Patrick et Roger trouvèrent leur père endormi. Couché dans le canapé dans des habits sales, Edouard degageait une odeur nauséabonde. On entendait ses ronflements depuis la véranda. Roger le petit frère constata que son père avait vomi dans le salon. A l'aide d'un chiffon, il nettoya la maison et dit à son grand frère:
- Pourquoi papa fait -il ça? J'ai vraiment honte et pitié de le voir dans un tel état.
- Ne t'occupe pas de lui répondit sans état d'âme Patrick. L'aîné ne semblait plus être peiné par l'état d'ébriété et de dégradation de leur géniteur. Il appela son petit frère dans la chambre et lui dit:
- Tiens, prends cet argent c'est pour toi.
Il sortit d'un sac des liasses de billets en coupures de 10000 francs CFA, monnaie du Gabon ,et les tendit à son jeune frère. Étonné de voir une telle somme, Roger demanda à son aîné:
- Où as tu trouvé tout cet argent?
- Ne t'inquiète pas petit frère, je fais des affaires qui rapportent gros. On aura plus besoin d'aller ramasser la nourriture dans les poubelles et sur les marchés.
- Tu vends de la drogue? demanda Roger à son grand frère.
A suivre

mercredi 14 mars 2012

Le père ivrogne (2ème partie)

Tout tremblant Roger s'approcha de son père puis balbutia:
- Je pense que mon grand frère est chez le voisin.
Furieux, le père ordonna:
- Va me le chercher tout de suite!
L'enfant sortit en vitesse de la maison. Roger savait que Patrick n'était pas chez le voisin. Il trouva cette excuse pour échapper à la colère de son père. En fait depuis un moment son grand frère fréquentait un groupe du quartier à la réputation peu glorieuse.La plupart des membres du groupe avaient abandonné leur scolarité. Plusieurs avaient déjà fait la prison pour trafique de drogue, vols à mains armées et autres délits punis par la loi. Quand Roger informa son grand frère de la colère de papa, il lui répondit:
- Reste avec moi. Ne rentrons pas tout de suite, nous irons quand il sera endormi.
- Comment fait - on si papa ferme la porte ? demanda Roger inquiet.
- J'y ai déjà pensé. On passera par la fenêtre de la chambre. Je l'ai laissée entrouverte...
A suivre

mardi 13 mars 2012

Le père ivrogne

Il puait l'alcool comme à son habitude. Édouard était détruit moralement et physiquement. La boisson a totalement gâché sa vie. Sa femme Julie ne pouvant plus de supporter les humiliations l'a quitté un mois plutôt laissant derrière elle ses deux enfants Patrick et Roger âgés respectivement de quatorze et de douze ans. Au quartier, les deux enfants essuyaient régulièrement les moqueries de leurs amis en raison du comportement de leur père. Quand il rentrait tous les soirs après avoir passé toute la journée dans un bar, Édouard s'effondrait dans le canapé du salon dans lequel il passait toute la nuit. Patrick et Roger se débrouillaient comme ils le pouvaient pour survivre. Généralement après l'école ils faisaient un tour sur le marché pour ramasser les restes des aliments. Les deux adolescents étaient connus des vendeuses du marché de Libreville qui, émues de compassion n'hésitaient pas parfois à leur fournir quelques vivres. Livrés à eux même, la vie des gamins était exposée à toutes sortes de risques dans un environnement miné par fléaux comme la drogue, la délinquance , le banditisme ,et la prostitution. Un soir, ayant constaté l'absence de son fils aîné à la maison, Édouard gueula:
- Roger, viens ici, où est passé ton grand frère?
A suivre

lundi 12 mars 2012

Les pseudos rois (suite et fin)

- D'après mes recherches, poursuivit Benjamin, on peut se débarrasser des pseudos rois.
- Comment? demanda Hugor toujours très attentif.
- Par la prise d'une décision ferme. En fait, j'ai compris que les mauvaises habitudes nous dominent simplement parce que nous les laissons faire. Donc, pour vaincre une mauvaise habitude, il faut immédiatement la remplacer par une bonne. Concrètement dans le cas d'espèce, pour vaincre la procrastination, je dois prendre la ferme décision de faire les choses sans tarder. Tu sais Hugor, j'ai aussi compris que rien ne peut nous dominer sans notre propre consentement.
- Qu'est ce que tu veux dire? questionna une fois de plus Hugor.
- Les recherches ont prouvé que rien n'est plus forte que la volonté humaine. D'où l'adage très populaire: vouloir c'est pouvoir. Les pseudos rois ont pris le contrôlent de nos vies simplement parce que nous les avons tolérés. Maintenant ça suffit. Pour ma part j'ai pris la décision de donner une nouvelle orientation à ma vie.
- Ah bon!! fit Hugor étonné par la détermination de son chef.
- Oui Hugor, j'ai également appris que le succès n'est jamais spontané. Il se construit tous les jours. En fait le succès n'est rien d'autre que l'aboutissement des choix que nous faisons au quotidien. Il est temps que les choses changent.
- Qu'est ce que tu vas faire maintenant? demanda encore Hugor.
-J'ai déjà engagé des actions nécessaires. Il ya un mois je me suis inscrit pour suivre des cours en informatique tous les soirs entre 19H et 21h. Dans cinq ans, j'obtiendrai un diplôme qui me permettra de maitriser le fonctionnement des ordinateurs. Hugor, pour terminer retiens ceci: le succès et l'échec sont une question de choix. Il appartient à chacun de décider ce qu'il veut.

dimanche 11 mars 2012

Les pseudos rois (4ème partie)

- Les pseudos rois, continua Hugor, nous tirent vraiment vers le bas. Dans mon cas, le pseudo roi qui me domine c'est la Paresse. J'ai cette mauvaise tendance à fournir très peu d'effort dans ce que je fais. Je suis conscient des dangers d'être paresseux mais j'ai du mal à m'en défaire. Récemment, j'en ai fait les frais. En effet, avant de venir travailler ici, j'avais ma propre petite entreprise de livraison de pizzas. Après un démarrage difficile, les affaires ont réellement décollé je recevais de nombreuses commandes. Vu l'ampleur de mon business, je me devais de recruter du personnel et d’améliorer les choses. C'est à ce niveau que j'ai flanché.
- Pourquoi? demanda le contremaître.
- J'ai eu la paresse d'établir un plan de travail, d'innover pour satisfaire ma clientèle. Résultat: les commandes ont commencé à chuter. Six mois plus tard, j'avais fait faillite. Que de regrets!!!
- Ton histoire est vraiment triste lui dit Benjamin le contremaitre. Comme moi, tu es la énième victime des pseudos rois.
- Y a t-il une solution contre les pseudos rois? demanda Hugor.
- Je me suis posé la même question. J'ai donc entrepris une série de recherches pour savoir comment les vaincre.
- Alors? questionna Hugor avec expectative.
A suivre

samedi 10 mars 2012

Les pseudos rois (3ème partie)

Avec une voix pleine de regrets, Benjamin dit à Hugor:
- Tu es encore très jeune, je ne veux pas que tu commettes les mêmes erreurs que moi. Il ne faut pas permettre aux pseudos rois de gâcher ta vie.
- Dans ton cas, comment est ce que les choses se sont elles passées, demanda Hugor.
- Depuis mon adolescence j'ai eu cette mauvaise habitude de remettre à demain tout ce que je pouvais faire immédiatement. Au fil du temps, je dirai même que c'est devenu une seconde nature. Après mes études secondaires, je voulais entrer dans l'armée. La date limite des inscriptions était prévue pour le 22 avril. Je me souviens encore très bien de cette date. Et nous étions en janvier. Je me suis dit que j'ai tout le temps pour m'inscrire. La suite, tu peux aisément la deviner.
- Tu as oublié de t'inscrire, répondit Hugor.
- Tout à fait. Je me suis rendu compte de ma bêtise le 24 avril soit deux jours après la clôture des inscriptions. J'ai de nombreux exemples de ce type où le pseudo roi de la Procrastination m'a fait perdre beaucoup de choses y compris dans ma vie conjugale.
Hugor secoua la tête puis dit:
- A t'entendre parler, je crois que les pseudos rois ont aussi élu domicile chez moi. Ils..
A suivre

vendredi 9 mars 2012

Les pseudos rois (2ème partie)

- Hugor, les pseudos rois sont des forces qui nous tirent vers le bas. Elles nous empêchent de progresser. Viens, sortons d'ici et je t'expliquerai tout cela.
Ils sortirent de la cantine pour s'asseoir sous un grand hangar. La durée de la pause déjeuner était d'une heure. Les autres ouvriers profitèrent des minutes restantes pour s'adonner au jeu de cartes.
- Pourquoi ces forces dont tu parles sont elles appelées Pseudos rois? demanda Hugor.
- Pour faire simple, répondit Benjamin, expliquons chaque mot afin que tu comprennes. Qu'est ce qu'un roi? C'est un individu qui domine dans un domaine particulier, c'est un chef souverain. D'accord?
- Oui, répondit Hugor très attentif.
- Maintenant définissons le terme pseudo. C'est un préfixe qui signifie: faux. Donc les pseudos rois sont tout simplement des faux rois. Comme je l'ai expliqué plus haut, ce sont des forces nuisibles qui nous gouvernent.
- S'il te plait, chef est ce que tu peux être plus clair, suggéra Hugor.
- Ok je vais te donner mon propre exemple. Aujourd'hui, je suis contremaitre dans cette entreprise. Mais je t'avoue que c'est pas ce que j'ai voulu faire dans ma vie.
- Ah bon!! s'exclama Hugor surpris par cet aveu de son chef.
- Sois discret, ceci doit rester entre nous.
- C'est promis chef rassura Hugor.
- Bien, continua Benjamin, je me suis retrouvé ici par défaut. J'ai raté plusieurs opportunités dans ma vie à cause justement de ces pseudos rois.
- Comment? interrogea Hugor.
A suivre

mercredi 7 mars 2012

Les pseudos rois

La cantine de l'entreprise grouillait de monde. Il était 12 H au Havre au sein de l'entreprise Marix Inter spécialisée dans le domaine de l'import- Export. Alors que tous les employés semblaient heureux devant leurs plats, Benjamin le contremaitre remarqua l'attitude peu joviale de Hugor, un jeune homme de vingt sept qui avait integré l’entreprise depuis un an.
- Tu n'as pas faim? lui demanda Benjamin.
Sans lever les yeux de son assiettes Hugor lui repondit:
- Chef, c'est que je n'ai pas l’appétit.
- Dis plutôt que quelque chose te préoccupe, devina Benjamin qui venait de terminer son assiette.
- Disons que j'aurais préféré être ailleurs répondit Hugor en regardant cette fois son contremaitre droit dans les yeux.
- Tu as le droit de prendre des vacances si tu veux te reposer et rester avec ta petite famille suggéra Benjamin.
- Non, il ne s'agit pas de cela rectifia Hugor qui s'empressa d'ajouter: je me demande ce que je fais ici... Je sais que je peux faire mieux...
- Qu'est ce que tu veux dire Hugor? Je ne te suis pas très bien.
- Je ressens un sentiment de quelque chose d’inachevée. C'est difficile à expliquer mais je pense que je suis au mauvais endroit. J'ai toujours expéré plus mais...
- Je crois que je commence à comprendre ce que tu ressens. Tu as l'impression de vivre en deçà de ta vraie valeur, n'est pas?
- Exactement chef !s'exclama Hugor en soupirant.
- Selon toi, pourquoi tu n'es pas où tu devrais être? demanda le contremaitre.
- Je me sens bloqué par je ne sais quoi répondit vaguement Hugor.
Benjamin mit sa main sur l'épaule du jeune homme et lui dit:
- Pour y arriver, il faudra que tu domines les pseudos rois.
- Qu'est ce que cela veux dire? demanda Hugor
A suivre

mardi 6 mars 2012

Le clochard( suite et fin)

Cinq ans après son entretien avec Charly, le clochard avait totalement changé. Sa vie a été radicalement transformée. C'est d'ailleurs par le biais des médias que Charly apprendra ce qu'était devenu l'homme avec lequel il avait parlé sous le pont. En effet, alors qu'il était assis à la terrasse de sa maison en Floride en compagnie de certains amis, son fils Willy vint en flèche lui dire:
- Papa, papa viens voir, il ya un homme qui parle de toi à la télé!
- Qu'est ce que tu racontes Willy? répondit Charly sans vraiment prêté attention aux propos de son fils.
- Mais viens papa, l'émission va bientôt être terminée insista Willy.
Finalement Charly s'excusa auprès de ses amis avec lesquels il était et se rendit au salon .
- Whaouuuu!!! C'est pas vrai!!! C'est bien Joe!!! Venez voir les amis cria t-il.
En fait Joe l'ancien clochard, était devenu un grand écrivain. Il était l'invité d'une célèbre chaine de télévision américaine pour une interview au sujet de son nouveau livre intitulé" I made it", devenu un best seller. A cette occasion, lorsque le journaliste lui demanda comment il était passé du statut de clochard à celui d' écrivain à succès, Joe répondit ceci:
- Ma rencontre avec un homme à changé ma vie. Pendant que je galérais sous un pont à Miami, un homme nommé Charly a eu le courage de m'approcher et de partager sa philosophie avec moi. Depuis ce jour, j'ai eu une autre perspective de la vie.
- Pour toutes les personnes qui nous regardent, est ce que vous pouvez nous dire exactement le contenu du message de cet homme? demanda le journaliste.
- Charly, que je remercie au passage et j'espère qu'il suit cette émission, m'a dit: "Joe, tu as de la valeur. Tu possèdes des talents uniques. Va à la bibliothèque pour te préparer et raffiner tes talents. Quand tu le feras, tu verras toi même les résultats."
Puis faisant face à la caméra Joe dit:
Si moi j'ai pu réaliser mon rêve, vous aussi vous le pouvez. Ne permettez pas aux circonstances du moment vous freiner. Peu importe votre condition sociale, votre couleur, votre religion vos difficultés etc , vous pouvez réussir. Faites comme moi: identifiez votre talent, votre passion, puis prenez le temps pour vous préparer. Si vous le faites, je vous garantie que votre vie ne sera plus jamais la même.
FIN

dimanche 4 mars 2012

Le clochard( 10ème partie)

- Publier tes livres n'est pas le plus important pour le moment. La priorité , c'est la préparation. Va raffiner ton talent et quand tu seras prêt, le reste suivra. D'ailleurs ne dit on pas que les opportunités se présentent à ceux qui sont prêts? Joe, fais ce que je te dis et tu verras toi même les résultats.
Le clochard écouta attentivement Charly et répondit:
- Merci beaucoup pour tous ces conseils. En venant jusqu'à moi malgré l'état dans lequel je suis est la preuve que tu veux vraiment que je m'en sorte. Encore une fois, merci Charly.
- Tu sais Joe, j'agis selon ma propre philosophie qui peut se résumer en ceci: tout homme à en lui quelque chose de très précieux. Et l'état dans lequel cette personne se trouve n'altère en rien sa valeur intrinsèque.
- C'est impressionnant comme philosophie, lui dit Joe.
- Quand tu iras à la bibliothèque, je te conseille de lire les bibliographies des grands hommes et notamment celle d'Abraham Lincoln. Tu apprendras beaucoup de choses sur la vie et le parcours du seizième président des États unis. Il a réussi à se hisser au sommet malgré toutes les difficultés qu'il a connues.
- Franchement, je suis heureux de t'écouter. Je sais que pour moi, c'est une nouvelle vie qui commence à partir d'aujourd'hui.
- Tiens, voici ma carte professionnelle. Gardons le contact Joe.
A suivre
-

Les frustrés de l'église

Comment allait-il annoncer la nouvelle à Suzanne son épouse ? Assis dans le train sur le chemin du retour,cette question trottait dans l'esprit de Robert. Celle qu’il appelait affectueusement Suzy allait- elle supporter le coup ? La tête remplie d’interrogations, il regardait d’un air évasif défiler le paysage qui lui semblait étranger.
Robert,habitué à se déplacer en voiture,restait assis hagard dans cette locomotive qu’il n’avait plus empruntée depuis plusieurs années. Ironie du sort, la dernière fois qu’il avait pris le train, c’était pour se rendre à un entretien d’embauche dans cette entreprise qui vient de le licencier après seize années de service. Il se retrouvait seul, face à lui-même, sans travail, avec pour seule consolation un chèque dont le montant pouvait à peine ...

Ceci est un extrait de mon livre les frustrés de l'église. Vous pouvez télécharger la version audio sur iTunes store .

vendredi 2 mars 2012

Le clochard( 9ème partie)

- Maintenant que tu connais ta passion et que tu possèdes le talent pour écrire, il faut passer à la vitesse supérieure.
- C'est à dire? demanda Joe.
- Je veux dire qu'il faut perfectionner le talent, car avoir du talent n'est pas suffisant. Je connais plusieurs personnes dotées de grands talents et qui meurent misérables parce qu'elles n'ont pas compris l'importance de raffiner leurs talents.
- Et comment on y arrive?
- C'est simple, en travaillant. Dans ton cas voici ce que tu dois faire: après ton boulot rends toi à la bibliothèque et lis les bibliographies des grands écrivains. Apprends leur secret, comment ils ont procédé pour se hisser au sommet. Ensuite fixe toi comme objectif d’écrire au moins cinq pages par jour. Ce ne sera pas facile, mais c'est possible. Car comme le dit l'adage, c'est en forgeant qu'on devient forgeron. En anglais on a coutume de dire" Practice makes perfect". Que cela soit ta devise. Autre chose que tu devras faire Joe, c'est de te rapprocher des autres écrivains qui ont plus d'expérience que toi.
- Ah bon! C'est important? demanda le clochard un peu surpris par cette suggestion.
- Oui, c'est très capital. Il ya une loi qu'on appelle la loi d'association. En d'autres termes 'dis moi qui tu fréquentes, et je te dirai qui tu es'. En participant à des ateliers ou des séminaires avec les autres écrivains, tu t'amélioreras.
- Tu as une idée en matière de publication? Je veux dire comment pourrais je publier mes livres?
A suivre

Le clochard( 8ème partie)

Joe alla fouiller dans ses affaires entassées dans un coin sous le pont. Il en retira un cahier à la couverture jaunie par la poussière et le tendit à Charly en disant:
- Tiens regarde ceci.
- Qu'est ce que c'est?
- Tu peux l'ouvrir et le feuilleter.
En fait, le cahier était une sorte de journal intime dans lequel le clochard avait écrit avec détails toutes ses aventures. Après avoir lu quelques pages, Charly lui dit:
- Le fond de ce que tu racontes est triste en raison de toute la galère que tu traverses. En revanche du point de vue de la forme, j'avoue que c'est impressionnant. Tu écris très bien Joé.
Le clochard afficha un grand sourire et répondit:
- Merci Charly, j'ai toujours rêvé de devenir un grand écrivain. Écrire, c'est ma passion. Même quand je n'ai rien à manger, je trouve la force pour écrire...
- Très bien, je suis vraiment content pour toi. Sais tu qu'il n'est pas encore trop tard pour réaliser ton rêve?
- Tu crois? demanda Joe dubitatif.
- Non seulement je le crois mais mieux tu vas le faire Joe. Je vais t'y aider.
- Comment?
A suivre

jeudi 1 mars 2012

Le clochard( 7ème partie)

- Alors comment découvre t-on ses dons et talents? C'est bien ta question Joe.
- Tout à fait, répondit le clochard.
- Pour y arriver, il faut te poser une série de question:
1. Qu'est ce que j'aime faire?
2. Dans quel domaine je suis bon naturellement?
3. Quelle est cette activité que je peux faire avec beaucoup de plaisir même si je ne reçois aucun salaire?
- Quelle est ma passion?
- Quel désir me consume intérieurement et pour lequel je serai prêt à tout sacrifier pour l'atteindre?
Joe, les réponse à toutes ces interrogations t'aideront à découvrir tes talents.
Subitement, comme si cela avait produit un déclic en lui, le clochard exulta. Son visage devint radieux comme quelqu'un qui vient de trouver un trésor. Débordant de joie il dit à Charly:
- Je crois que j'ai trouvé!!! Oui Charly j'ai trouvé !!! répéta t-il avec force une seconde fois.
- Qu'est ce que tu as trouvé? demanda Charly .
- Mes talents, ma passion... Oui j'ai trouvé!!!!
Il mit ses deux mains sur les épaules de Charly et lui dit:
- Ne bouge surtout pas. Je vais te montrer quelque chose...
A suivre