Furieux
je criai “ Mais diantre où sont- ils ?”. C’est en ce moment qu’un garçon de
salle me prit de côté et me fit cet incroyable aveu : monsieur, le vendredi et
les weekends les médécins désertent en catimini
l’hôpital public pour offrir leurs services aux cliniques privées de la
capitale. Ils réçoivent pour seulement une heure de prestation l’équivalent de
ce que le gouvernement leur verse comme salaire ici en un mois. C’est un
business très juteux qui n’est pas prêt de s’arrêter. Puis il me regarda avec
apitoiement et ajouta. Votre pétit frère est tombé malade le mauvais jour. Mais
je demanderai ā l’infirmier de garde de vous lui trouver des calmants . Les
médicaments lui permettront peut être de tenir le coup jusqu’ā lundi.
- “ Lundi ! “ hurlai je ?
-
“ Comme je viens de vous l’expliquer, vous ne verrez aucun médécin ici avant
lundi. Je comprends votre désarroi, mais c’est la réalité du terrain.”
Kouri
était tellement tétanisé qu’aucun mot ne sortit de sa bouche. Boumaye, avala
une gorgée de Mougi, une boisson locale faite ā base de gingembre et de piment.
Le Mougi est réputé pour ses vertus antioxydants. Les hommes prètent également
au Mougui des qualités aphrodisiaques. Toujours est il que le Mougui est un
breuvage rafraîchissant que les habitants de Grabouni consomment sans
modération. A l’aide d’une serviette de table, Boumaye s’essuya la bouche et
poursuivit “ Je regardais impuissant mon pétit frère pleurer et gémir,
reclamant de l’aide. La scène était tellement insurportable, que je demandai ā
ma femme de rentrer ā la maison”.
- Mais pourquoi ne...
A suivre
