vendredi 28 juin 2019

Grabouni, l’oublié ( 8 ème partie)

Furieux je criai “ Mais diantre où sont- ils ?”. C’est en ce moment qu’un garçon de salle me prit de côté et me fit cet incroyable aveu : monsieur, le vendredi et les weekends les médécins désertent en catimini  l’hôpital public pour offrir leurs services aux cliniques privées de la capitale. Ils réçoivent pour seulement une heure de prestation l’équivalent de ce que le gouvernement leur verse comme salaire ici en un mois. C’est un business très juteux qui n’est pas prêt de s’arrêter. Puis il me regarda avec apitoiement et ajouta. Votre pétit frère est tombé malade le mauvais jour. Mais je demanderai ā l’infirmier de garde de vous lui trouver des calmants . Les médicaments lui permettront peut être de tenir le coup jusqu’ā lundi.
-  “ Lundi ! “ hurlai je ?
- “ Comme je viens de vous l’expliquer, vous ne verrez aucun médécin ici avant lundi. Je comprends votre désarroi, mais c’est la réalité du terrain.”
Kouri était tellement tétanisé qu’aucun mot ne sortit de sa bouche. Boumaye, avala une gorgée de Mougi, une boisson locale faite ā base de gingembre et de piment. Le Mougi est réputé pour ses vertus antioxydants. Les hommes prètent également au Mougui des qualités aphrodisiaques. Toujours est il que le Mougui est un breuvage rafraîchissant que les habitants de Grabouni consomment sans modération. A l’aide d’une serviette de table, Boumaye s’essuya la bouche et poursuivit “ Je regardais impuissant mon pétit frère pleurer et gémir, reclamant de l’aide. La scène était tellement insurportable, que je demandai ā ma femme de rentrer ā la maison”.

- Mais pourquoi ne...
A suivre

mercredi 5 juin 2019

Grabouni l’oublié( 7 ème partie)

“ Je ne comprends plus rien. Je pensais qu’il était mort parce que l’opération avait mal tournée”, lui dit Kouri.
“ Attends que je t’explique tout en détails “ temporisa Boumaye. Kouri acquiesça de la tête.
“ En fait, réprit Boumaye d’un ton calme et posé, tout a commencé un vendredi. Alors que j’étais au travail, ma femme m’appéla toute affolée m’informant que Majunte était  très malade et qu’il se tordait de douleur. Très  rapidement j’enjoignit  ma femme de le conduire rapidement ā l’hôpital. Quelques minutes plus tard, je les y rejoignit. Il était exactement 18h 42 . Majunte était allongé sur un banc dans la salle d’attente hurlant les mains au niveau de son bas ventre. Ā ses côtés,  d’autres malades étaient assis livrés ā eux mêmes. Je courus rapidement au bureau du médecin pour l’appeler.” Le grand frère marqua une pause volontaire comme pour suciter une réaction de son interlocuteur.
“ Et alors “, fit Kouri le visage renfrongné.
Boumage continua son récit: “ Il n’ya point de médecin ce soir lā. Ni le médécin généraliste, ni le chirurgien n’ étaient  presents. Furieux je criai “ Mais diantre où son tils ?”. C’est en ce moment qu’un garçon de salle me prit de côté et me fit cet incroyable aveu : monsieur...
A suivre