lundi 22 avril 2019

Grabouni, l’oublié ( 4 ème partie)


L’éclairage publique était un lointain souvenir. La pénombre couvrait la ville. Le long des rues, les commerçants proposaient aux passants leurs produits dans un brouhaha o la clameur des  vendeurs ā  criée se mêlaient aux klaxons des taxis conduits par des chauffeurs indisciplinés qui se souciaient plus de leurs recettes journalières que du respect du code de la route. “ Pourquoi le pays n’a t-il pas évolué pendant toutes ses decennies?” se demandait il quand la voix de son grand frère Boumaye assis ā ses côtés dans le taxi qui les ramenait ā la maison.
“ Maman sera très contente de te voir”.
“ Comment va t’elle ? “ demanda t-il sans grande conviction.
On eut l’impression qu’il était plus préoccupé de l’état de son pays que de celui de sa famille.
“ Maman se portait très bien avant le décès du  pétit frère qui a affecté toute la famille” répondit Boumaye, devenu subitement triste.
“ Au fait, de quoi est il mort ? J’ai l’impression que vous ne m’avez pas tout dit au téléphone.”..
A suivre

jeudi 18 avril 2019

Grabouni, l’oublié ( troisième partie)

Kouri est fier de son pays.   Lequel pays dont il  vante la culture ἁ l’extérieur, mais dont il a du mal ἁ fouler le sol quand le sort de la vie l’y constraint ā y retourner. Cette fois ci, c’était la mort de son petit frère Majunte qui  força son retour sur sa terre natale. Kouri était le cadet d’une famille de cinq garҫons dont Majunte était le benjamin. Il avait ἁ peine deux ans quand Kouri s’envola pour l’étranger. Le coeur meurtri, il fut le dernier ā descendre de l’aéronef. La chaleur torride  du pays contrastait avec le froid glacial qu’il avait quitté la veille. Le climat et la barrière linguistique ont été les deux grands défis auxquels il fut longtemps confrontés en Amérique.  S’il avait pu dompter la langue de Cheaskpear au point même de l’enseigner aux natifs américains, il n’en était rien du defit 
climatique. Kouri s’était simplement résigné ἁ vivre dans une ville comme Boston oὑ les températures en hiver sont très basses. La saison du froid est la période de l’année la plus nostalgique pour Kouri.  Lui qui a toujours aimé les températures chaudes expérimentait un véritable contraste. Si ἁ l’extérieur la canicule battait son plein, ἁ l’intérieur de lui son coeur était froid. En trente deux années d’absence, son pays n’avait pratiquement fait aucun bond vers le developpement. Les rues  de la capitale dont le bitume était ā peine visible étaient dans un état de dégradation lamentables...
A suivre

jeudi 4 avril 2019

Grabouni, l’oublié ( Deuxième partie )

Malheureusement après plusieurs tentatives infructueuses ἁ l’examen de fin d’études sécondaires, Kouri résolut d’aller tenter sa chance ἁ l’étranger notamment au pays de l’oncle Sam. Ce choix se revela très payant. Comme s’il avait une revanche ἁ prendre sur son passé ponctué d’echecs successifs, Kouri devint un tout autre homme aux Etats Unis. Il travailla dur sur toute la ligne. En trente deux ans, il connut dans sa nouvelle vie plus de hauts que de bas pour enfin devenir professeur titulaire  dans une des meilleures universités de Boston sur la côte est des Etats Unis avec ἁ la clé un PhD en Littérature Américaine. Kouri est l’auteur du célèbre roman “ the forgotten” dont l’ Amérique toute entière rafolle et qui a été traduit dans plusieurs langues.  Ce best seller ā fait de l’auteur une icone internationale. Lors de ses interventions  sur de nombreux plateau de télés pour des interviews, il se plait ā dire avec condescendance que le titre de son roman est le nom de son pays Grabouni qui signifie “ L’Oublié” . Kouri est fier de son pays.   Lequel pays dont il  vante la culture ἁ l’extérieur, mais...
A suivre 

mardi 2 avril 2019

Grabouni, l’oublié

L’avion venait d’atterrir sur le tarmac de l’aéroport international de  Grabouni, pays dont le nom signifie en langue locale “ l’oublié”.  Alors que les autres passagers s’activaient pour descendre de l’avion, Kouri, était assis sur son siège pensif.  C’était la deuxième fois qu’il rentrait dans son pays après l’avoir quitté trente deux années plus tôt.  Cette fois encore,  le motif de son retour au bercail était le même que le précédent : le décès d’un membre proche de la famille. La première fois, c’était la mort de sa tante Tounti, la pétite soeur de sa mère.  Une femme vaillante , brave dont le commerce de pagne nourrissait non seulement ses enfants et son mari Goubert,  mais aussi les cousins et nièces restées au village. On l’a surnommait “ Gnianmou” ce qui signifie en ethnie Magnaye ( l’une de trois plus grandes ethnie du pays ) “ la productive” . Tante Tounti portait vraiment son nom. C’était une femme battante. Tout ce que ses mains touchaient, elle le transformait en or. Elle était propriétaire  de  vastes champs de maraîchers dont le commerce lucrative a fait d’elle une femme financièment indépendante. Elle intervenait aussi dans le commerce de bijoux et de fruits de mer.  Sa puissance financière lui conférait un incontournable  pouvoir de decision dans une société dominée par la gente masculine et  dans laquelle la femme a  toujours été comme “ une sans voix”.  Mais avec tante Tounti les choses étaient differentes . Dans le milieu familiale et urbain, on s’amusait ā dire que “ quand tante Tounti dit non c’est non”. Ce droit de véto  factuel  était certes critiqué mais obéit par tous.  Kouri devait tout ἁ cette tante. C’est grâce ἁ elle qu’il avait rejoint la capitale pour finir ses études sécondaires. Malheureusement... 
A suivre