mardi 2 avril 2019

Grabouni, l’oublié

L’avion venait d’atterrir sur le tarmac de l’aéroport international de  Grabouni, pays dont le nom signifie en langue locale “ l’oublié”.  Alors que les autres passagers s’activaient pour descendre de l’avion, Kouri, était assis sur son siège pensif.  C’était la deuxième fois qu’il rentrait dans son pays après l’avoir quitté trente deux années plus tôt.  Cette fois encore,  le motif de son retour au bercail était le même que le précédent : le décès d’un membre proche de la famille. La première fois, c’était la mort de sa tante Tounti, la pétite soeur de sa mère.  Une femme vaillante , brave dont le commerce de pagne nourrissait non seulement ses enfants et son mari Goubert,  mais aussi les cousins et nièces restées au village. On l’a surnommait “ Gnianmou” ce qui signifie en ethnie Magnaye ( l’une de trois plus grandes ethnie du pays ) “ la productive” . Tante Tounti portait vraiment son nom. C’était une femme battante. Tout ce que ses mains touchaient, elle le transformait en or. Elle était propriétaire  de  vastes champs de maraîchers dont le commerce lucrative a fait d’elle une femme financièment indépendante. Elle intervenait aussi dans le commerce de bijoux et de fruits de mer.  Sa puissance financière lui conférait un incontournable  pouvoir de decision dans une société dominée par la gente masculine et  dans laquelle la femme a  toujours été comme “ une sans voix”.  Mais avec tante Tounti les choses étaient differentes . Dans le milieu familiale et urbain, on s’amusait ā dire que “ quand tante Tounti dit non c’est non”. Ce droit de véto  factuel  était certes critiqué mais obéit par tous.  Kouri devait tout ἁ cette tante. C’est grâce ἁ elle qu’il avait rejoint la capitale pour finir ses études sécondaires. Malheureusement... 
A suivre

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